Rencontres-Débats virtuelles :

Gérer la migration en temps de confinement

 

Avril et mai 2020

 

 

 

Contexte et objectifs

Les mesures de prévention prises par les autorités pour faire face au Covid-19 fragilisent la situation économique d’une part importante de la population. Parmi eux, on trouve beaucoup de migrants, issus notamment de l’Afrique subsaharienne mais aussi d’autres régions du monde. Nombreux sont les migrants en effet dont les emplois sont d’ordinaire informels et précaires, et qui font face aujourd’hui à une perte totale de leur source de revenus. A cela s’ajoute d’autres difficultés comme la barrière de la langue qui complique l’accès à l’information sur la santé et la sécurité, un accès aux soins compliqué notamment par le statut administratif irrégulier, des conditions de vie (en foyers notamment) qui ne permettent pas toujours d’appliquer les mesures de précautions sanitaires, etc.

Face à cette situation et aux appels à l’aide d’associations ou de personnes migrantes individuelles, différentes réponses se sont progressivement mises en place. Un élan de solidarité a été rapidement perceptible. Associations, autorités locales et nationales se complètent pour répondre aux besoins, qui restent malgré tout loin d’être couverts : l’aide varie d’une municipalité à l’autre ; les vulnérabilités spécifiques ne sont pas toujours prises en compte (état de santé, situation familiale, etc.). En réalité, en cette période de crise, on remarque une exacerbation des difficultés ordinaires, qu’elles soient d’ordre économique, juridique ou social.

Cette série de Rencontres-Débats virtuelles cherche à comprendre le vécu actuel des personnes migrantes, à mettre en évidence les actions menées en leur faveur, à réfléchir aux défis auxquelles ces actions font face et à identifier des pistes de solutions. Enfin, ces Rencontres virtuelles se veulent une occasion de réfléchir, de manière plus large, aux conditions de vie, à l’intégration économique et administrative des migrants, et à la gestion de la migration également en temps normal.

 

1ier débat - La coordination de l’aide aux personnes vulnérables : avancées et défis

Mardi 28 avril à 10h

Dans l’urgence, des initiatives d’aide aux personnes vulnérables se sont développées, principalement au niveau local. Des associations tunisiennes et de migrants, formelles ou spontanées, organisent des collectes et distributions, ou encore des campagnes de sensibilisation. Les autorités locales de plusieurs municipalités coordonnent les actions. Enfin, les autorités ont également pris des mesures importantes en faveur des personnes migrantes.

Quelle coordination existe-t-il entre ces différents niveaux d’acteurs ? Les personnes migrantes sont-elles intégrées aux initiatives dirigées également vers les Tunisiens, ou existe-t-il un réseau d’aide spécifique ? Comment les autorités (locales et nationales) gèrent-elles l’aide tout en respectant les données personnelles des migrants, y compris ceux qui sont en situation irrégulière ?

Intervenants :     Marien Djembi Mapessi, Cellule de Solidarité Africaine Covid-19

                         Nizar Barkouti, Ministère des Droits de l’Homme et de la relation avec les instances constitutionnelles et la société civile

                         Abdallah Said, Coalition des Associations de Médenine

 


 

2ème débat - Répondre aux besoins urgents : de l’évaluation à l’action

Jeudi 30 avril à 10h

La crise sanitaire actuelle a poussé un nombre effarant de personnes dans une situation socio-économique critique. Les catégories ordinaires utilisées pour qualifier les personnes comme étant vulnérables (dont l’âge, le sexe, les conditions de santé, socio-économiques, etc.) risquent de ne plus être suffisantes pour déclencher une réponse humanitaire effective et ciblée. Dès lors, comment les acteurs de l’aide humanitaire actifs aujourd’hui arrivent-ils à évaluer les besoins et prioriser les bénéficiaires ? Quels besoins sont couverts, et lesquels sont-ils les plus difficiles à répondre ? Quelles pistes d’action peut-on identifier pour mieux gérer les besoins, particulièrement ceux des migrants ?

Intervenants :     Mariam Mzoughi, 4Mi Project Officer, Mixed Migration Centre
                         Mounir Hajji, Directeur Général de l'Union Tunisienne de Solidarité Sociale (UTSS)
                         Hamdi Ben Nasr, bénévole au Croissant Rouge Tunisien comité Ariana, et juriste à Terre d’Asile Tunisie

 


3ème débat - Migrants en détention : réponses d’urgence et durables en temps de crise sanitaire ? 

Mardi 5 mai à 10h

 

Les conditions de détention peuvent mettre les détenus en danger face au Covid-19. De nombreuses organisations, y compris onusiennes, ont appelé les gouvernements à privilégier des alternatives à la détention. En Tunisie, c’est tout particulièrement le « centre d’accueil et d’orientation » de Ouardia, où sont détenus des migrants en attente d’expulsion, qui fait l’objet de critiques. La société civile s’est fait le relais des inquiétudes des détenus de ce centre face au coronavirus, et qui avaient entamé une grève de la faim en attente de mesures de protection sanitaire. Ces demandes ont été partiellement entendues par les autorités qui ont conditionné les éventuelles libérations des détenus à l’existence d’alternatives à la détention. Cependant, au-delà de cette période de crise sanitaire, plusieurs organisations émettent des critiques face au manque de clarté du statut du centre de Ouardia et au fondement juridique de la rétention (voir ce communiqué).

Dans ce débat, nous souhaitons répondre aux questions suivantes : quelles sont les conditions de détention au centre de Ouardia ? Comment les détenus sont-ils protégés face au Coronavirus ? Concernant le statut juridique du centre et le fondement de la rétention de ces personnes, comment les autorités réagissent-elles aux interpellations de la société civile et de structures telles que l’Instance Nationale de Prévention de la Torture ? Quel impact pourrait avoir la situation d’urgence sur les conditions et le cadre régissant le centre de Ouardia ?

Intervenants :   Saida Mbarek, Instance Nationale de Prévention de la Torture (INPT)

                                Un représentant du Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux (FTDES)

                                Hélène Legeay, Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT)

                                Sherifa Riahi, Terre d’Asile Tunisie

 

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