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La Valette, le 4 Février 2014 - les demandeurs d’asile ne devraient pas être refoulés vers la Libye pour quelque motif que ce soit, car leur sécurité, leur vie et leurs libertés sont en danger. En Libye, ils n'ont pratiquement aucune chance d'obtenir une protection adéquate, encore moins à l’heure actuelle alors que le régime de Kadhafi s'est effondré.

Telle est la conclusion principale et sans équivoque du rapport « Beyond Imagination » (« au-delà de l’envisageable ») publié ce lundi 04 Février par le Service Jésuite des Réfugiés (JRS) de Malte, Le rapport documente les expériences des demandeurs d'asile qui arrivent à Malte via la Libye.

«A travers cette publication, nous voulions mettre en évidence les conséquences d’un retour en Libye pour les demandeurs d’asile, en mettant en lumière les histoires que nous avons entendu à plusieurs reprises à leur arrivée à Malte. La plupart d’entre eux ont subi des sévices horribles, dont des périodes de détention qui se prolongent indéfiniment et cela dans des conditions misérables, les violences physiques, le viol et d'autres formes d’abus sexuels ; tout ceci pour au final se voir refuser la possibilité d'obtenir une quelconque protection », a déclaré Katrine Camilleri , Directrice du JRS Malte, lors de la publication du rapport.

« Par conséquent, nous réitérons notre appel au gouvernement [de Malte, ndlr] de s'abstenir de toute action qui aurait pour conséquence direct ou indirecte sur le retour des migrants en Libye, jusqu'à ce que la situation s'y améliore considérablement et que le gouvernement libyen mette en place des mesures efficaces pour protéger les droits humains et garantir l'accès réel à la protection. »

La publication du Jesuit Refugee Service est basée sur des entretiens avec les demandeurs d'asile originaires d'Erythrée et de la Somalie. D’après les propos de l’un d’entre eux, le parcours quotidien des demandeurs d'asile d’origine africaine subsaharienne en Libye va « au-delà de l’envisageable». Les conditions de vie sont si mauvaises que la mort paraît préférable à un retour. Toutes les personnes interrogées ont décrit une vie de peur et d'insécurité constante ; une impuissance totale liée à des réalités qui les dépassent, où la seule option qu'ils ont serait de risquer leur vie à la recherche d’une meilleure protection ailleurs.

JRS Malte souligne que toute initiative de la Libye visant une résolution des défis posés par l'immigration irrégulière doit tenir compte des conditions réelles vécues sur le terrain. En dépit du fait que Malte ait bien le droit de contrôler l’immigration, ce contrôle doit être exercé dans les limites fixées par les obligations des Etats vis à vis des droits de l’homme. Ces obligations contraignent Malte à s'assurer que nul ne soit renvoyé dans un pays où il devra faire face à de graves violations des droits et où il n'est pas en mesure d'obtenir une protection en cas de besoin.

«Malgré le fait que le contrôle des flux migratoires soit tout à fait légitime, nous n’avons pas le droit de sécuriser nos frontières au dépens de la vie et de la sécurité d’êtres humains », a déclaré le Dr Camilleri.

 

Jesuit Refugee Service (JRS) , le 04 février 2014

 

En savoir plus sur le Jesuit Refugee Service

Télécharger le rapport du JRC sur la Libye (en anglais)

Télécharger le rapport FIDH sur la détention de migrants en Libye (en français)

Télécharger le rapport FIDH sur la détention de migrants en Libye (en anglais)

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