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La marine italienne a secouru en 24 heures près de 3000 migrants qui tentaient la dangereuse traversée de la Méditerranée.

 

Illustration le figaro 03062014La marine italienne a secouru en 24 heures près de 3000 migrants
qui tentaient la dangereuse traversée de la Méditerranée.

 

Les autorités italiennes ont quelque raison d'être alarmées par l'afflux de migrants clandestins qui débarquent sur leurs côtes. Pour la seule journée de samedi, les unités navales de la marine italienne qui participent depuis le 18 octobre aux opérations de sauvetage en mer «Mare Nostrum» ont ramené dans différents ports siciliens 3300 immigrés secourus dans le canal de Sicile, entre la Libye et la péninsule. Ce chiffre jamais égalé donne la mesure de l'exode en cours. La grande majorité de ces migrants fuient la Libye, la Syrie, l'Érythrée et arrivent des côtes libyennes. Par familles entières, parents, grands-parents et énormément d'enfants, souvent en bas-âge. «Tant d'enfants», soupirent les sauveteurs. Le flux s'est accéléré depuis avril, avec le retour du beau temps.

À terre, les structures d'accueil ne suffisent plus. Faute de place dans l'île de Lampedusa, où de surcroît une épidémie de gale s'est déclarée, les ports siciliens de la côte sud, Augusta, Porto Empedocle, près d'Agrigente, Raguse et Pozzallo affichent complet. Les maires sont au désespoir: préaux d'école, gymnases ou petits hôtels sont réquisitionnés. Leurs propriétaires sont alarmés à l'approche de la saison touristique. Le premier élu de Porto Empedocle, Lillo Firetto, dénonce la disparition de mineurs du centre de rétention: «une centaine de gamins de 12  ans battent la campagne à la recherche d'un billet pour gagner le nord et risquent de finir en de mauvaises mains». La présence de ces mineurs non accompagnés, environ un millier dans les différents centres d'accueil, inquiète les autorités.

Selon Frontex, l'Agence européenne pour la gestion des frontières communes, 43.000 migrants sont entrés clandestinement en Europe depuis le début de l'année. Contre 12.400 sur la même période de 2013 et autant que pendant toute l'année dernière. En Italie, l'augmentation a atteint 823 %, affirme le vice-directeur de Frontex, Gil Arias Fernandez.

Entassés de force

La Ligue du Nord exige l'arrêt de «Mare Nostrum», qui coûte neuf millions d'euros par mois à l'État italien. Son leader Matteo Salvini veut organiser une marche de protestation en Sicile: «Mare Nostrum est une incitation donnée aux marchands de mort», affirme-t-il. Dans les ports libyens, les trafiquants entassent de force les migrants dans des embarcations de fortune et leur donnent un téléphone satellitaire avec un numéro permettant de signaler leur position à la marine italienne une fois en haute mer.

Pour le ministre de l'Intérieur, Angelino Alfano, «l'Europe a un devoir de prendre en charge les migrants qui débarquent sur les côtes du Sud. Cette responsabilité ne peut incomber au seul pays d'accueil.» Un point de vue que partage pleinement le président du Conseil, Matteo Renzi: il en fera l'une des priorités de la présidence italienne de l'UE, au 1er juillet. Samedi, Sandro Gozi, le «M. Europe» du gouvernement, dénonçait au Figaro «l'absence de politique européenne de gestion des frontières communes et des flux migratoires». «Il n'est plus tolérable que les pays du Sud paient seuls l'absence de l'Europe dans ce domaine», disait-il.

 

LeFigaro.fr, le 02 Juin 2014

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