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Les immigrants subsahariens sont prêts à tout pour entrer dans l’enclave espagnole de Melilla. Alors que les assauts massifs au niveau de la frontière sont le principal moyen pour accéder à ce territoire administré par l’Espagne, certains n’hésitent pas à « se maquiller » pour se faire passer pour des Marocains. Une nouvelle pratique expérimentée aux postes-frontière de Farhana et du Quartier chinois.

 

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Massés sur le mont Gourougou, les immigrants subsahariens n’ont qu’une seule idée en tête : rejoindre les enclaves de Melilla. Jusque-là, l’entrée dans les présides administrés par l’Espagne se faisait surtout via des assauts massifs au niveau des frontières grillagée ou par des tentatives via la mer. Plusieurs assauts se sont ainsi soldés par des réussites, mais la surveillance accrue de la frontière et les nouvelles mesures prises par l’Espagne et le Maroc- renforcement de la clôture - sont devenues un obstacle de premier ordre pour les sans papiers subsahariens.
A court d’idée, certains d’entre eux n’hésitent pas à se faire passer pour des Marocains pour accéder à ce bout de territoire sous administration espagnole. Le dernier cas en date s’est produit mercredi, rapporte El Faro Digital.

Des immigrants ont tenté de traverser le poste frontière de Farhana en se maquillant le visage et les mains afin de ressembler aux travailleurs marocains qui se rendent au quotidien à Melilla. Selon l’Union Fédérale de la Police, certains immigrants irréguliers subsahariens enfilent parfois des casquettes ou des capuchons qui recouvrent presque tout leur visage pour tromper la vigilance des forces de l’ordre.

 

« Difficile de contrôler 3 000 personnes par jour »

Si la police arrive facilement à identifier les subsahariens, elle reste toutefois sur ses gardes. Car certains ont déjà réussi à entrer dans le préside avec cette méthode. « Ils se mettent autour de la frontière, et lorsqu’on leur demande leurs papiers, ils s’enfuient. C’est difficile de contrôler une frontière où passent chaque heure de 2 000 à 3 000 personnes en provenance du Maroc », se plaint le Syndicat Unifié de la Police (SUP). Les postes les plus exposés à cette nouvelle forme d’immigration irrégulière sont ceux de Farhana et du Quartier chinois, indique le SUP.
A un certain moment, « tu es fatigué de vérifier des documents pour une frontière flexible qui ne peut pas se fermer avec l’accord qui existe avec le pays voisin - le Maroc - », explique le SUP. La semaine dernière, une subsaharienne a même réussi, avec un bébé, à se rendre à Melilla en profitant des multiples allers retours des « femmes-mulets ». Une fois sur le territoire espagnol, elle a abandonné l’enfant avant que la police ne découvre qu’elle est en réalité sans papiers.


Syriens et Algériens se font passer pour des Marocains

Pourtant, cette pratique est loin d’être nouvelle. Les Syriens qui ont fui la guerre dans leur pays et les sans papiers algériens se font souvent passer pour des marocains pour entrer à Melilla. Pour ces derniers, la donne est toutefois beaucoup plus simple. Il leur suffit d'acheter des cartes d’identité marocaines ou des passeports de personnes avec qui ils ont quelques traits communs pour se rendre dans la ville. Une pratique rendue facile par le fait que les Marocains habitant dans la province de Nador n'ont pas besoin de visas pour entrer à Melilla, tout comme ceux de Tétouan qui accèdent à Ceuta avec leur simple pièce d'identité marocaine.

Que ce soit sous cette forme ou une autre, la pression migratoire sur les enclaves espagnoles n’est pas prête de baisser. Tout récemment, la garde civile a arrêté trois subsahariens avec un chauffeur marocain qui les avait cachés à l’intérieur des sièges avant de son véhicule. Les sièges avaient été préalablement vidés pour pouvoir accueillir les candidats à l’immigration irrégulière. Si le renforcement des installations au niveau des frontières et la surveillance accrue semblent avoir limité l’immigration, ils donnent en revanche de nouvelles idées aux immigrants.

El Hadji Mamadou Gueye

 

Yabiladi, le 20 Juin 2014

 

 

 

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