Alors que les chiffres de la campagne de régularisation de migrants clandestins viennent d’être annoncés, l’Intérieur s’attaque aux campements.

Les autorités « ne toléreront plus à l’avenir la constitution de camps illégaux de candidats à l’immigration » a annoncé le ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur Charki Draiss le 9 février lors de la conférence de presse servant de bilan à la campagne de régularisation. Et les actes ont aussitôt suivi les paroles : dans la nuit du 9 au 10, les forces auxiliaires ont démantelé un camp près de Nador, nous apprend le Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants (Gadem).

D’après les informations que l’organisme a pour le moment, 1 200 personnes auraient été arrêtées, certaines blessées. Elles seraient maintenant détenues dans un camping de la région transformé en centre de rétention provisoire.

« Les forces de l’ordre marocaines ont effectué un ratissage total au niveau du massif du Gourougou (sur les hauteurs de Melilla, ndlr) depuis la nuit dernière, et un millier de migrants sont concernés », a déclaré à l’AFP un responsable local de l’Association marocaine des droits humains (AMDH).

Dans un communiqué publié le 11 février, le ministère de l’Intérieur est revenu sur ces arrestations. Il explique que cette opération « a permis la libération de plusieurs migrants, notamment des femmes et enfants, qui étaient contraints de vivre au sein de cette forêt par les réseaux de passeurs et de traite des êtres humains.» Avant d’ajouter que : « des opérations similaires seront systématiquement conduites pour évacuer tous les endroits squattés par les migrants qui planifient d’organiser des tentatives d’émigration irrégulière. »

Lire aussi : Le gouvernement réfute le rapport de Human Rights Watch

 

105 réseaux démantelés en 2014

Charki Draiss a précisé que le Maroc avait démantelé 105 réseaux spécialisés dans la traite d’êtres humains en 2014. Mais Hicham Rachidi, secrétaire général du Gadem, préfère modérer : « On applaudit mais nous n’avons jamais entendu parler de procès concernant la traite d’êtres humains. C’est donc étonnant. Mais je ne veux pas dénigrer le travail du ministère de l’Intérieur qui a mené à bien cette campagne ». Et d’ajouter : « Je ne suis pas opposé aux arrestations, si elles se font dans le cadre de la loi ».

« Tout doit se faire sous contrôle juridique » rappelle aussi le président du Gadem Mehdi Alioua. « Ce n’est pas parce qu’on régularise et qu’on donne des droits à certains qu’il faut régresser avec d’autres. Le ministère de l’Intérieur fait son travail de respect de l’ordre mais devrait surtout inciter ceux qui n’ont pas fait de demande à se régulariser ».

 

Plus de 27 000 demandes de régularisations enregistrées

Même si les chiffres ne sont pas tout à fait définitifs, 27 332 demandes ont été enregistrées dans le cadre de l’opération de régularisation. L’administration a rendu une réponse positive dans 65 % des cas de manière générale et dans 100 % des cas pour les femmes et les enfants, selon Charki Draiss. Un ratio qui ne correspond pas à celui annoncé, le même jour, par le Conseil national des droits de l’Homme, pour qui le taux de satisfaction des demandes ne serait que de 59 %. Une différence qui s’explique peut-être par le retard des chiffres du CNDH par rapport à ceux de l’administration.

Le Gadem rappelle enfin que la campagne n’est pas encore terminée, puisque certaines personnes ont déposé leur dossier fin décembre et que la commission des recours n’a pas terminé ses travaux.

TELQUEL, le 10 Février 2015

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